Hola hola !
Voici quelques nouvelles de notre voyage entre la route australe chilienne et la route 40 argentine.
Depuis Coyhaique, la sinueuse route australe nous a emmenés jusqu’à Puerto Rio Tranquilo. En chemin nous avons vu entre autre un magnifique sommet, el Cerro Castillo (la montagne du château) qui ressemblait vraiment à un château perché sur la montagne avec ses tours étroites. Un espagnol nous avait conseillé une nouvelle route qui vient juste d’être plus ou moins achevée dans la Vallée des Explorateurs. Nous n’avons pas été déçus du voyage, puisque c’est certainement l’une des plus jolies parties si ce n’est LE plus joli tronçon de la route australe ! Comme c’est nouveau, la piste est en bon état et la nature y est encore très sauvage. Nombreuses sont les cascades dans cette vallée entourée de glaciers ! Au sud, on aperçoit les champs de glace de San Valentin. La météo n’était pas géniale, mais ainsi nous avons pu profiter de beaux arcs-en-ciel…
La route australe s’étend de Chaiten à Villa O’Higgins. Nous ne sommes pas allés jusqu’à Villa O’Higgins, car ensuite il faut revenir un bon bout en arrière, car il n’y a plus de route ! Et il paraîtrait que le seul attrait vraiment de cette dernière partie est tout simplement le fait que c’est la dernière partie et qu’elle permet d’atteindre « el final de la carretera austral » ! Nous avons suivi les conseils d’un policier d’un petit bled et sommes allés jusqu’à Caleta Tortel. Caleta Tortel est un petit village de 500 habitants au bout d’une péninsule, complètement isolé, à quelques 120 km de Cochrane, la ville la plus proche. Les habitants ne se consacrent pas à la pêche comme nous pourrions le croire d’après sa localisation, mais au commerce du bois. Vous me direz, rien de très spécial jusqu’ici… sauf qu’il n’y a pas de rue ! Ou plutôt, les rues sont en fait des passerelles en bois qui relient les maisons, les commerces et permettent de parcourir le village. C’est vraiment surprenant, et bon, je l’avoue, ça aurait été plus joli encore par beau temps !
Après ce détour par le sud, nous rebroussons chemin pour passer la frontière à Chile Chico. Nous longeons alors le deuxième plus grand lac d’Amérique Latine (après Titicaca) : le lac General Carrera, ainsi appelé au Chili et le lac Buenos Aires, ainsi appelé en Argentine. Mais c’est le même lac… L’eau est d’un bleu intense, absolument comparable à celle du Titicaca. Et tout à coup le lac paraît comme coupé en deux : une rivière provenant d’un glacier tout proche se jette dans le lac. L’effet est grandiose lorsqu’on regarde l’horizon : l’eau turquoise provenant du glacier s’arrête d’un coup en ligne droite pour laisser place au bleu intense et profond du fond du lac. Et bien sûr en arrière-plan quelques montagnes enneigées. Ajouter à cela des petites fleurs jaunes au bord de l’eau et vous avez un Martin tout heureux avec son appareil photo !
Trêve de plaisanterie, une lourde épreuve nous attend : il faut passer la frontière ! Et hop, comme une lettre à la poste, aucun problème… Ouf, et de une ! Et là le paysage change complètement : plus de montagne, l’horizon à perte de vue, plus de nuage… c’est désertique ! Nous voilà sur la Ruta 40, l’équivalent de la route australe pour les argentins disons ! Après le plein de vivres à Perito Moreno, nous nous dirigeons vers le parc du même nom. Ce parc est assez retiré, il n’y a donc pas grand monde. En arrivant, on nous remet un petit prospectus sur l’attitude à adopter en cas de rencontre avec un puma ! Martin est un peu sceptique sur le fait de croiser un puma en chemin, moi j’émets moins de réserve… et je lis bien le petit papier !!! Guanacos (même famille que les lamas), nandus (sortes de petites autruches), condors (de loin !), lièvres… on a bien vu tout ça ! Mais du puma nous n’en avons même pas vu… les empreintes ! Le cachet de ce parc est sans aucun doute la couleur de l’eau de ses lacs : une couleur turquoise quasi surnaturelle ! Et puis le mauvais temps nous rattrape de nouveau, alors nous filons plus au sud.
El Chaitén : station touristique en vue de devenir super méga touristique ! Point de départ de nombreux treks et de l’ascension du pas moins célèbre Fitz Roy (sommet le plus difficile d’Amérique du Sud soi-disant). Nous qui étions habitués depuis quelques semaines à être quasi seuls au monde, on est gâté ! Et ça commence par des auberges plus que pleines… des cars de touristes. Bref, tout pour plaire à Martin ! On trouve quand même une place dans un camping, ben oui, vu qu’on dort dans la voiture, faut pas exagérer ! Y’aura bien toujours une petite place pour nous ! Et moi tout ce qui m’importe c’est de pouvoir prendre ma douche hebdomadaire na ! Finalement, on se retrouve à l’écart des campeurs, juste à côté d’un abri pour cuisiner et s’asseoir à des tables. Ah oui, j’oubliais (mais comment diantre ai-je pu ???) : ici il souffle 24/24h un vent à décorner un bœuf ! Ici c’est depuis que nous sommes en Argentine donc ! Mais on s’y habitue, Martigny à côté c’est une légère brise d’été… Vous vous demandez donc ce que nous sommes venus faire ici non (à part se doucher ;-) !) Et bien nous nous baladons dans la montagne une bonne partie de la journée, pour atteindre miradors et autres points de vues, sur des massifs super jolis, qu’on ne voit pas car il ne fait pas très beau ! Le temps est imprévisible (par les météorologues argentins du moins) parce qu’ils ont un micro climat et que donc, il fait beau, pleut et refait beau 15 fois durant la même journée ! Un seul paramètre est constant : le vent ! Mais bon, à défaut de pouvoir admirer tous les sommets, nous nous entraînons pour de plus long trek dans Torres del Paine. Et là, salut les courbatures ! Après l’effort donc, il a fallut trouver du réconfort : dans une petite boulangerie, ils vendent des « galletas » à s’en lever la nuit ! Des cœurs de France, des chaussons aux pommes, des feuilletés à la vanille, des gâteaux au chocolat, des bâtons au sucre… Vous l’aurez compris, c’est la carotte au bout du bâton ! Du moins pour moi !
Suite du programme, pour vous donner l’envie de revenir nous lire prochainement ! El Calafate et le glacier Perito Moreno – Retour au Chili près de Puerto Natales – Torres del Paine – Terre de Feu pour un Noël au bout du monde !
A tout bientôt, gros bisous à tous !
