Tout a commencé vers l'année 1903, lorsque l'Etat argentin fait don de quelques 60'000 hectares de terrain sur les provinces actuelles de Neuquen et Rio Negro à un certain monsieur, Francisco P. Moreno, en remerciement pour ses services. Ce protagoniste, scientifique et explorateur, a en effet joué un rôle important dans le tracé de la frontière entre l'Argentine et le Chili. Francisco P. Moreno jette donc la première pierre dans la création des parcs nationaux d'Argentine en faisant don de 7500 hectares au pays pour qu'ils soient conservés comme "parc naturel". Ces 7500 hectares contiennent une partie des plus belles richesses naturelles du pays et forment l'actuel parc Nahuel Huapi. Ainsi, en 1904, l'Argentine devient le cinquième pays au monde a instauré un parc national, après les Etats Unis, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.
Vers les années 1920, le président Hipolito Yrigoyen suit le mouvement et achète quelques 75'000 hectares autour des chutes d'Iguazu pour la création d'un parc naturel et d'une colonie militaire. Une loi créee en 1934 instaure l'administration des parcs nationaux (=APN) et établit les règles de fonctionnement. L'organisme protège alors des régions en mettant l'accent sur "l'extraordinaire beauté" selon le concept européen neige-montagne-forêt (d'où le surnom de la "petite suisse" pour le parc Nahuel Huapi. La création de zones protégées devient stratégique dans les régions limitrophes : cela permet de coloniser les territoires proches de la "chaude" frontière chilienne, via le développement touristique.
Même si l'Etat argentin a été critiqué pour l'achat de terres appartenant à des peuples indigènes, on ne peut que souligner ici le côté positif de la création des actuelles zones protégées, évitant alors leur destruction par le feu ou la taille, techniques utilisées à l'époque pour l'élevage du bétail et la culture de la terre.
